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Recyclage du verre : le compte n’y est pas, la concertation non plus

Carte de la couverture des points d'apport du verre à Wasquehal

À Wasquehal, la collecte du verre passe en apport volontaire : on ne le ramasse plus au pied de l’immeuble, il faut désormais l’apporter dans des bornes, les « points d’apport volontaire » (PAV) déployés par la Métropole Européenne de Lille. Sur le principe, pourquoi pas. Dans les faits, deux problèmes sautent aux yeux : il y a beaucoup trop peu de points, et personne n’a demandé leur avis aux habitants. Cette fois, on n’a pas fait dans le ressenti : on a chiffré.

Le compte n’y est pas

Combien de points pour toute la commune ? On a voulu vérifier plutôt que de se fier à une impression. Carte des PAV mise à jour par la MEL elle-même, réseau réel des rues, population recensée carreau par carreau : on a calculé, pour chaque coin de Wasquehal, la distance à pied jusqu’à la borne à verre la plus proche, en suivant les rues, pas à vol d’oiseau, et en comptant même les bornes installées juste de l’autre côté de la frontière communale quand elles étaient plus proches. Impossible de nous accuser d’avoir chargé la barque.

Le décompte, d’abord. La MEL recense aujourd’hui 22 PAV verre à Wasquehal. Son propre ratio (450 habitants par borne, affiché noir sur blanc sur son site) en réclame 47 pour nos 20 903 habitants. Il en manque 25. Ce n’est pas notre norme : c’est la sienne, appliquée à sa propre commune. Au ratio réel, Wasquehal tourne à 950 habitants par borne, plus du double de l’objectif.

Le vrai problème, ensuite : la distance. Seuls 22 % des Wasquehaliens habitent à moins de 200 mètres d’une borne (la distance que la MEL présente comme son objectif de bonne desserte), bornes des communes voisines comprises. La moitié de la ville doit marcher plus de 323 mètres. Et 44,7 %, presque un habitant sur deux, vivent au-delà de 350 mètres, le rayon maximal de desserte que la MEL revendique elle-même. Sur son propre référentiel, près d’un Wasquehalien sur deux est hors des clous.

Carte de la couverture des points d'apport du verre à Wasquehal
Distance à pied jusqu’à la borne à verre la plus proche : plus c’est foncé, plus il faut marcher. 22 bornes pour 20 903 habitants.

Avisés, pas consultés

La mairie a « avisé » les habitants du passage des ambassadeurs du tri et d’une « étude des lieux d’implantation des futurs PAV en cours ». Avisés, pas consultés. Qui décide où seront posées ces bornes ? Les habitants d’un quartier sont pourtant les mieux placés pour le dire. Plus gênant : certains emplacements étaient déjà consultables sur le site de la MEL, sans que la mairie en informe qui que ce soit.

Sur les réseaux, vous avez été nombreux à réagir :

  • « Comment font les personnes âgées, ou ne pouvant se déplacer ? »
  • « Aucune concertation pour l’installation. On vient d’apprendre le pire lieu : des places de parking en moins, très proches des habitations, dans un lotissement de maisons individuelles. »
  • « Lors des comités de quartier, nous avions listé des emplacements avec la mairie. J’espère que ce travail participatif aura porté ses fruits. »
  • « Si on en a un prévu devant chez nous, quel recours a-t-on ? Autant trouver une solution en amont, pas une fois que ce sera installé. »
  • « Décision juste après les élections. »

On a écrit à la MEL

Puisque la mairie restait floue, nous avons écrit directement à la Métropole pour poser les questions concrètes : combien de points à terme, selon quel calendrier, et surtout que faire pour les plus éloignés ? Comment une habitante à mobilité réduite, sans voiture, est-elle censée transporter ses bouteilles sur plusieurs centaines de mètres ? Et les personnes âgées, les habitants des immeubles et des tours ?

À son crédit, la MEL a répondu vite et précisément :

« Le déploiement des équipements est actuellement en cours sur la commune. À terme, 22 PAV verre supplémentaires viendront compléter les points déjà installés. […] Une seconde phase de déploiement est d’ores et déjà envisagée afin d’optimiser le maillage du territoire. […] Les équipements déployés disposent notamment d’un opercule adapté aux usagers en situation de handicap. […] Nous restons attentifs aux retours des habitants. »

Direction Déchets ménagers, Métropole Européenne de Lille

Au moins, la MEL répond. Mettons même que ces 22 bornes promises s’ajoutent aux 22 déjà comptées : à 44, on resterait encore sous le compte que la MEL fixe elle-même (47). Mais le vrai sujet n’est pas là. On peut poser des bornes et rater sa cible : tout dépend d’où on les met. Et il y a un détail qui interroge : c’est la Métropole, pas la mairie, qui nous a expliqué le calendrier et les solutions d’accessibilité.

Croix l’a fait, pourquoi pas nous ?

Restait une question : ce retard, fatalité métropolitaine ou choix ? Pour trancher, on a refait exactement le même calcul pour Croix : commune voisine, quasiment la même population (20 999 contre 20 903), même métropole, même dispositif. Une différence de taille : Croix a été désignée ville pilote, avec des bornes installées dès février 2023.

Le résultat ne laisse pas de place au doute. Croix compte 61 PAV verre, contre 22 à Wasquehal : près de trois fois plus, à population identique. Son ratio réel (une borne pour 344 habitants) dépasse même l’objectif que la MEL s’est fixé (450). Croix a donc déjà 14 bornes de plus que son propre standard n’en exige ; Wasquehal en cherche encore 25.

Sur le terrain, l’écart se sent dans les jambes : 64 % des Croisiens habitent à moins de 200 mètres d’une borne, contre 22 % des Wasquehaliens, près de trois pour un. Distance médiane : 158 mètres à Croix, 323 à Wasquehal, plus du double. Le « 150 mètres en moyenne » qu’affichait la ville de Croix pour son quartier pilote se vérifie sur toute la commune : la com’, là-bas, n’était pas mensongère.

Soyons justes : Croix non plus n’est pas parfaite, il lui reste des quartiers à finir de mailler. Mais elle part si loin devant que la messe est dite. La MEL a démontré, à deux kilomètres de chez nous, qu’un maillage dense et rapide est possible. Ce n’est donc pas une question de moyens. C’est une question de priorisation. Et rien n’indique que Wasquehal ait eu droit au même effort.

Couverture du verre : Wasquehal (22 bornes) comparée à Croix (61 bornes)
Deux communes voisines de même taille. À gauche Wasquehal, 22 bornes ; à droite Croix, 61. Le clair (moins de 200 m) domine à Croix.

Un maillage, ça se calcule

La mairie annonce une « étude des lieux d’implantation en cours ». La nôtre est terminée : comparons les méthodes.

En plaçant chaque nouvelle borne là où elle sert le plus de monde, au mètre près, adresse par adresse, et non au petit bonheur des trottoirs encore libres, on fait passer la part des habitants bien desservis (moins de 200 mètres) de 22 % à 73 %. Les grands oubliés du maillage actuel ont un nom de rue : rue Pasteur, rue Ambroise Croizat, rue La Fontaine, rue du Haut Vinage. Et pour douze des vingt-cinq bornes manquantes, on a même repéré un terrain public (un parking, un espace ouvert) à moins de 100 mètres du point idéal : de quoi lancer une visite de terrain dès demain.

C’est exactement ce que nous défendions pendant la campagne. Puisque la Métropole a choisi d’en finir avec la collecte du verre en porte-à-porte, autant assumer un déploiement sérieux plutôt que subi : non pas quelques grosses colonnes posées là où il restait de la place, mais des conteneurs plus nombreux, plus petits, plus proches des habitations, et mieux intégrés au paysage, enterrés ou habillés quand c’est possible, plutôt que plantés sur deux places de parking. Un maillage dense et soigné, pas un alignement de bacs.

Honnêtes jusqu’au bout : 25 bornes de plus, même bien placées, ne règlent pas tout. Pour que 95 % des Wasquehaliens aient une borne à moins de 200 mètres, il en faudrait 61, réparties dans une trentaine de secteurs, jusqu’aux extrémités de la commune. Et près de 1 000 habitants, dans les coins les plus excentrés, resteraient à distance même dans ce scénario : le dernier mètre ne se règle pas qu’à coups de bornes. Mais entre 22 % et 73 % de bien desservis, il y a un monde, et il tient dans une carte que nous mettons à disposition.

Emplacements proposés pour de nouveaux points d'apport du verre à Wasquehal
Nos 25 emplacements calculés adresse par adresse : la couverture à moins de 200 m passerait de 22 % à 73 %.

Là où le bât blesse

Reste un dernier point qui en dit long : pour le moment, aucune borne dans le centre-ville. Est-ce là que le bât blesse ? Le verre, au fond, c’est presque un détail. La méthode, non. On peut compter juste, placer les bornes là où vivent les gens, et demander leur avis à celles et ceux qui habitent à côté : Croix le prouve, notre carte le chiffre. C’était dans notre programme : aucune décision touchant un quartier ne devrait être prise sans consulter d’abord ses habitants.

Signalez-nous les points noirs

Cette carte, on ne l’a pas faite pour la ranger. Vous vivez le verre au quotidien, rue par rue : dites-nous où ça coince, on se charge de faire remonter à la mairie et à la Métropole.

  • Pas de borne à une distance raisonnable de chez vous ?
  • Une personne âgée ou à mobilité réduite empêchée de déposer son verre ?
  • Des relèves trop rares, des bornes qui débordent ?
  • Des dépôts sauvages au pied des conteneurs ?

Écrivez-nous à contact@wasquehal-vivante.fr, ou via la page Contact du site. On s’occupe du reste.

Une réponse à « Recyclage du verre : le compte n’y est pas, la concertation non plus »

  1. Avatar de Denneulin Michèle
    Denneulin Michèle

    Je vous livre quelques reflexions : Quel est l’impact du Pav sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ? Celle-ci va t-elle baisser puisque on demande de plus en plus au citoyen de contribuer par lui-même au tri?
    Vu le tri des emballages et déchets alimentaires, je remplis à peine un sac poubelle de 30litres par semaine pour 2 personnes : donc je ne sors plus ma poubelle chaque semaine. Il est vrai que beaucoup d’habitants la laissent dehors car il faudrait retraverser toute la maison pour la mettre dans l’arrière cœur, mais bon personne n’avait réfléchi à la taille de ces immenses bacs noirs qui en principe devraient être de moins en moins remplis en faveur du bac jaune!
    Quelqu’un a t- il réfléchi à l’impact carbone du Pav : je ne vais pas y aller pour un pot de yaourt en verre ou une bouteille donc je stocke dans un carton et je m’y rendrais forcément en voiture car trop loin et trop lourd à porter.
    Au Capreau, les containers ont remplacé les anciens containers à vêtements sur le terre-plein central des garages derrière la rue de Tourcoing. Pourquoi 2 containers au même endroit alors que d’autres rues sont très mal desservies ( rue Lafontaine)
    Cordialement

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