Félicie Gérard est députée de la 7e circonscription du Nord, qui comprend Wasquehal, depuis 2022. Avant l’Assemblée, elle a fait ses classes à l’hôtel de ville, comme adjointe de la maire Stéphanie Ducret. Fille d’agriculteur, installée dans le quartier du Capreau depuis 1999, c’est une élue discrète. Wasquehal Vivante a repris, un par un, ses votes à l’Assemblée nationale, avec le lien vers chaque scrutin officiel pour que chacun vérifie.
Une élue façonnée à Wasquehal
Née en 1974 à Vervins, dans l’Aisne, Félicie Gérard est fille d’agriculteur et a travaillé de longues années chez Enedis. Son parcours politique se construit entièrement à Wasquehal : elle devient adjointe au maire le 5 avril 2014, dans la majorité de Stéphanie Ducret, puis sixième adjointe (associations, démocratie participative, intercommunalité) en 2020. Devenue députée en 2022, elle a quitté ses fonctions exécutives d’adjointe mais reste dans l’équipe municipale, que la maire présente encore à ses côtés pour 2026. À ce titre, elle cumule son indemnité parlementaire avec une indemnité municipale pourtant facultative.
Un détail retient l’attention quand on retrace son itinéraire : les étiquettes. En une poignée d’années, Félicie Gérard est passée de l’UDI à La République en marche, puis à Horizons. Un ballet qui n’a rien d’exceptionnel dans son environnement politique : la maire elle-même, Stéphanie Ducret, s’est présentée au fil du temps sous des bannières successives, de listes « divers droite » à l’UDI puis aux Républicains. Les convictions affichées, elles, semblent aller et venir au gré des saisons.
À la mairie, une fidélité attendue
Le poids de Félicie Gérard dans la vie politique wasquehalienne s’est illustré début 2026, à la constitution de la liste municipale. Selon La Voix du Nord (10 mars 2026), Barbara Coëvoët, deuxième adjointe et fidèle de la maire depuis 2014, a été écartée de la liste de Stéphanie Ducret. L’un des reproches, assumé par la maire elle-même : ne pas avoir fait campagne pour Félicie Gérard aux législatives.

À la mairie« J’attendais de sa part qu’elle se positionne pour elle [Félicie Gérard] contre les extrêmes ! Félicie est dans l’équipe, il fallait être solidaire. »
Stéphanie Ducret, maire de Wasquehal, dans La Voix du Nord
Le fait est là : à Wasquehal, le soutien à la députée est vécu, jusqu’au sommet de la majorité municipale, comme une marque de loyauté.
Rappelons pourtant, non sans ironie, dans quelles conditions Félicie Gérard est elle-même devenue députée : investie par la majorité présidentielle quelques semaines seulement avant les législatives de juin 2022, elle l’emporte alors face à la députée sortante Valérie Six, candidate commune de LR et de l’UDI, que plusieurs élus de la majorité locale soutenaient. La solidarité, décidément, est à géométrie variable. Raison de plus pour regarder concrètement ce qu’elle soutient, elle, à l’Assemblée.
Félicie Gérard, députée en chiffres
Au-delà des textes, les données publiques compilées par datan.fr et NosDéputés.fr permettent de mesurer son activité et, surtout, son positionnement. Sur près de 2 300 scrutins analysés, c’est une élue assidue et très loyale à sa majorité.
Avec qui vote-t-elle ? C’est sans doute le chiffre le plus parlant. datan mesure, scrutin après scrutin, la proximité de ses votes avec chaque groupe de l’Assemblée.
Autrement dit, elle vote dans le sens de la majorité présidentielle et de la droite dans plus de trois quarts des cas, et se situe très loin des groupes de gauche.
Côté activité, sur son premier mandat (22 juin 2022 au 9 juin 2024), NosDéputés.fr recense une parlementaire présente essentiellement sur les sujets économiques : elle a été rapporteure pour la commission des finances sur le partage de la valeur en entreprise. Aucun salarié n’en a vu trace sur fiche de paye.
Ce qu’elle vote, thème par thème
Depuis 2022, Félicie Gérard a pris part à des centaines de scrutins, et suit la ligne de son groupe Horizons dans plus de neuf votes sur dix. Voici une sélection des textes les plus marquants de la législature, classés par sujet. Chaque carte explique brièvement ce que fait le texte et renvoie au relevé de scrutin officiel.
L’ensemble dessine un profil cohérent, aligné sur le bloc central droit : favorable aux entreprises et au maintien de la réforme des retraites, opposée à une taxation des très grands patrimoines, extrême sur l’immigration et la sécurité, favorable à la relance énergétique (nucléaire comme renouvelable), et du côté de l’agriculture productiviste sur les sujets agricoles et environnementaux. Elle a soutenu les gouvernements successifs, accordant sa confiance à François Bayrou et refusant de voter la censure qui a renversé Michel Barnier.
La loi Duplomb, un vote devenu emblématique
Un vote mérite un arrêt, parce qu’il a marqué la législature et qu’il touche à ses racines. Le 8 juillet 2025, l’Assemblée adopte la loi Duplomb. Félicie Gérard, fille d’agriculteur, vote pour.
Le texte réautorisait par dérogation l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit en France depuis 2018 en raison de sa toxicité pour les abeilles. La loi a suscité une opposition d’une ampleur rare : le CNRS a déploré son adoption, les apiculteurs ont dénoncé le retour de pesticides « tueurs d’abeilles », et une pétition citoyenne a dépassé les deux millions de signatures.
Un mois plus tard, le 7 août 2025, le Conseil constitutionnel censure la réintroduction de l’acétamipride, jugée contraire à la Charte de l’environnement. C’était la première fois de son histoire que le Conseil censurait un article de loi sur ce fondement. En juillet 2026, elle s’entête et vote à nouveau la Loi Duplomb 2. Les pesticides de type néonicotinoïdes seront donc de retour 10 ans après leur interdiction en France. Grâce à elle.
La loi « PERMIS de TUER », un vote DE COLLABORATION AVEC L’EXTRÊME-DROITE
Un dernier mot sur Félicie Gérard. Le 7 juillet dernier, la députée Horizons a voté pour la « présomption d’usage légitime de l’arme » accordée aux policiers et aux gendarmes. Les associations de défense des droits humains et les familles de victimes de bavures policières parlent d’un « permis de tuer ». Le texte est passé par 313 voix contre 199. Il a été adopté grâce à l’alliance du bloc central avec le Rassemblement national et la droite. Son principe est simple. Un tir policier serait d’abord présumé légal. Aux familles endeuillées de prouver le contraire. Ce texte ne protège pas les forces de l’ordre. Elles ont besoin de moyens, de formation et de la confiance de la population. Ce texte, lui, installe l’impunité. Il abîme la confiance. Les Wasquehaliennes et les Wasquehaliens doivent le savoir : leur élue a voté avec l’extrême droite sur un sujet aussi grave. Le texte doit maintenant passer au Sénat. Avec Wasquehal Vivante, nous continuerons à le combattre. La sécurité de toutes et tous ne se construira jamais sans l’État de droit.
Des votes publics, vérifiables par tous
Disons-le franchement : Wasquehal Vivante est un collectif citoyen ancré à gauche et à l’écologie. Sur certains sujets, nous nous retrouvons : elle a par exemple voté pour l’accélération des énergies renouvelables. Mais sur l’essentiel, le compte n’y est pas. Sur les questions de société (opposition à l’aide à mourir), sur l’économie (refus de taxer les très grands patrimoines, maintien de la réforme des retraites) et sur l’agriculture (retour des néonicotinoïdes), ses votes relèvent d’une droite conservatrice et dure, très éloignée de ce que nous défendons. Ce n’est ni une surprise ni un procès : ce sont des faits, publics et vérifiables.
Tous ces votes se consultent, commune par commune et député par député, sur le site de l’Assemblée nationale et sur des plateformes citoyennes comme datan.fr. Se tenir informé de ce que vote son élu, c’est déjà exercer sa part de contrôle démocratique.
Article de veille citoyenne, établi à partir de sources publiques (Assemblée nationale, datan.fr, La Voix du Nord, Wikipédia).


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